Au centre de la vallée du Bouregreg, où le fleuve hésite entre Rabat et Salé avant de se jeter dans l’Atlantique, une silhouette s’élève vers le ciel. La Tour Mohammed VI, une structure en verre et en acier conçue par l’architecte espagnol Rafael de La-Hoz, atteint 250 mètres, dominait le paysage urbain d’une capitale en pleine renaissance. C’est dans ses étages supérieurs, du 29e au 46e, que le Waldorf Astoria Rabat Salé a été installé, étant le premier hôtel de la marque au Maroc et en Afrique francophone.
Une architecture du dialogue
Avant même d’entrer dans la tour, l’ambiance est établie. Un parvis en pierre claire, agrémenté de fontaines et de bassins rectangulaires en pierre noire, une porte imposante ornée d’arches sculptées, et des panneaux en stuc finement travaillés… autant de seuils qui créent une transition discrète entre la monde extérieur et ce qui nous attend à l’intérieur.
Les intérieurs ont été confiés à Pierre-Yves Rochon, un décorateur de renommée mondiale, qui crée un équilibre précis entre des lignes épurées et des références profondes à l’artisanat marocain. Une interaction entre deux exigences émerge : celle du luxe moderne international et celle du savoir-faire ancestral du Maroc.


Les 55 suites et chambres reflètent cette même philosophie. Leurs plafonds en stuc sculpté à la main déploient des frises, tandis que les zelliges, revisités dans des teintes inédites telles que rose poudré, blanc lacté, terracotta brûlé et caramel doré, donnent une touche poétique et chromatique inédite que les maîtres faïenciers de Fès n’avaient encore jamais expérimentée. Le mobilier aux formes arrondies et enveloppantes épouse une architecture douce, où aucun angle droit ne perturbe la fluidité de l’espace. De grandes baies vitrées du sol au plafond s’ouvrent sur une vue imprenable : la ville de Rabat, le Bouregreg, la forêt de la Mâamora, et l’océan Atlantique qui s’étend à perte de vue. Près de 7 000 œuvres originales, créées par 140 artistes et artisans marocains, ornent tout l’établissement, faisant du Waldorf Astoria l’un des plus importants ensembles d’art privé en Afrique du Nord.
L’horloge comme manifeste
Au 30e étage, précisément sur l’axe reliant le rez-de-jardin au sommet de la tour, se trouve l’horloge du Waldorf Astoria Rabat Salé. Conçue par Pierre-Yves Rochon, elle rend hommage aux astrolabes islamiques des VIIIe-XVe siècles. Son cadran circulaire illustre le mouvement des planètes, tandis que ses aiguilles calligraphiques évoquent l’écriture arabe et les grands diagrammes des bibliothèques de Cordoue. Le piédestal, décoré de marqueterie et de laiton bruni façonné à la main, ancre cette œuvre dans la longue tradition des savoirs partagés entre différentes cultures.

Une constellation gastronomique
Au 33e étage, Aldabaran, nommé d’après l’étoile la plus brillante de la constellation du Taureau, présente la première adresse d’Alain Ducasse à Rabat. La carte évoque une ode à la Méditerranée. La salle, ornée de détails inspirés de la damasquinerie marocaine, reflète cette thématique avec élégance.
Dans le jardin, la Brasserie Magnolia, créée par le chef Lahcen Hafid (ancien chef de cuisine au Ritz Paris), s’articule autour d’un riad imaginaire entouré de verdure, où le son apaisant d’une fontaine centrale accompagne chaque repas. Le plafond finement décoré joue avec la lumière, avec des tons verts et dorés, et la végétation omniprésente contribue à une ambiance de floraison continue, chaleureuse et accueillante.

Enfin au 30e étage, Peacock Alley signature de tous les Waldorf Astoria du monde, déploie à 180 degrés une vue sur Rabat-Salé, le Bouregreg et l’Atlantique, dans un salon suspendu où les cocktails s’inspirent du Grand Orrery et évoluent du matin au soir en quatre temps sidéraux.
Un spa suspendu entre ciel et fleuve
Entre les 31e et 32e étages, le Waldorf Astoria Spa se présente comme un refuge lumineux au-dessus de la ville. Sa pièce maîtresse : une piscine intérieure semi-circulaire ornée de mosaïques Bisazza mêlant or et blanc, dont le plafond miroir argenté reflète les ondulations de l’eau, transformant chaque nage en une traversée de deux cieux. Le hammam, conçu par Pierre-Yves Rochon, s’éloigne de la tradition des grands hôtels pour incarner l’authenticité des bains marocains, étant recouvert d’un zellige couleur caramel beurre salé ponctué d’étoiles blanches et noires, créé exclusivement pour cet espace. Les soins du visage sont réalisés par Valmont, ceux du corps par MarocMaroc, dont les formules s’inspirent de la tradition locale.

Dans le paysage urbain d’une capitale en pleine transformation, la Tour Mohammed VI est devenue bien plus qu’un point de repère visuel : c’est une véritable adresse.



