Il existe un moment que les photographies d’architecture ne montrent jamais. Celui où le bâtiment cesse d’être un objet fini pour devenir un lieu habité, traversé, encombré, aimé. C’est ce moment précis que le Simon Architecture Prize demande aux architectes de filmer.
Depuis dix ans, le concours pose la même question à ceux qui construisent : à quoi ressemble votre projet une fois que les gens s’y sont installés. Non pas le dessin, ni l’image parfaite du jour de la livraison, mais ce qui advient après, quand les meubles arrivent et que les portes commencent à claquer.

Né en 2016 à l’initiative de Simon et développé avec la Fundació Mies van der Rohe, le prix réclame donc un film de trois minutes comme pièce principale du dossier. Une durée courte, qui oblige à choisir : un geste, une lumière, une conversation, un usage inattendu. Ce que l’image fixe ne sait pas dire.
Sa sixième édition s’ouvre cette année aux projets construits au Maroc, aux côtés de l’Europe, du Mexique et du Brésil. Sont concernées les réalisations livrées et occupées entre le 1er janvier 2024 et le 31 décembre 2025.
DEUX MANIÈRES D’HABITER
Le prix distingue Personal Places et Collective Places. D’un côté la chambre, le logement, le bureau, tout ce qui relève de l’intime et du confort choisi. De l’autre le marché, l’école, la place, le parc, les lieux où l’on négocie sa présence avec celle des autres.
Le règlement assume la porosité entre les deux : un logement occupé par une famille ou par cinq colocataires ne se vit pas de la même manière, et le règlement préfère laisser cette question ouverte plutôt que de la trancher. C’est au candidat de dire dans quelle catégorie il situe son projet, et pourquoi.
UN FILM POUR OUVRIR LE BAL
Chaque édition s’ouvre par une projection. Cette année, c’est Caçador de Geometries, court-métrage de Matilda Vidal de Llobatera tourné dans le bâtiment Les Feixes, à Barcelone. Le film suit un personnage obsédé par les lignes droites, les symétries et les formes pures, dans un édifice construit sur la logique de l’hexagone. Une esthétique qui emprunte à l’univers visuel de Wes Anderson et un récit qui, doucement, apprend à son héros à regarder autrement.








CE QUE LE PRIX RÉCOMPENSE
Cinq finalistes par catégorie, un lauréat pour chacune, une dotation de 10 000 euros et une pièce en basalte volcanique signée Andreu Carulla. Une distinction supplémentaire salue la meilleure narration audiovisuelle, et son auteur repart avec une commande.
INFOS
Living Places – Simon Architecture Prize, 6e édition
Œuvres éligibles : achevées et mises en service entre le 1er janvier 2024 et le 31 décembre 2025, construites sur le territoire européen, au Mexique, au Brésil ou au Maroc
27 mai 2026 : ouverture de la candidature
14 septembre 2026 : date limite de présentation des nominations
5 octobre 2026 : date limite d’envoi des propositions
11 novembre 2026 : événement avec les membres du jury à La Casa de la Llum, Barcelone
12 novembre 2026 : réunion du jury
Décembre 2026 : annonce des finalistes
Février 2027 : cérémonie de remise des prix
Participation gratuite : simonprize.org

